AMOUR SUR LE NET
Ils ne se sont jamais vu, des milliers de kilomètres les séparent physiquement et pourtant ils sont proches ; très proches, l’un de l’autre.
Elle est peu être âgée et lui probablement pas beau… Est-ce le contraire ? Quelle importance ?
Tout commença sur un forum où ils se sont rencontrés en prenant ensemble la défense d’un tiers.
Cette communion les emmène à communiquer plus particulièrement et ils prennent l’habitude de se contacter quotidiennement en amis.
Au fil des jours, devenant de plus en plus intimes et ils en apprennent un peu plus l’un sur l’autre ; les sentiments qui naissent en eux les perturbent particulièrement car cette amitié du début se transforme … Non, ils ne veulent pas perdre une si belle amitié naissante à cause d’impulsions présentes et pressantes.
Mais leur vie est un facteur à haut risque :
Elle, délaissée et mal aimée depuis tant d’années est fragile et sensible à la moindre émotion affective.
Lui, également en mal d’affection ne peut que succomber aux charmes et aux attentions empathiques de ce contact de rêve.
Chacun plein d’attention pour l’autre semble correspondre au complément parfait.
Est-ce la réalité ?
De la pluie et du beau temps, leurs sujets sont aussi variés que leurs sensations présentes. Probablement auraient-ils préférés en rester à de simples conversations banales propres à des amis, mais les sentiments ne se commandent pas. Sans lutter pour autant, ils essaient de ne pas se laisser aller à de trop fortes émotions ; mais les heures passantes et le soir venu, des frissons langoureux les entraînent sur une voie plus intime… et plus intime encore.
Ils sont les premiers étonnés de ce qu’ils osent se demander : Les mots ainsi que les « émoticones », ces signes et ces dessins expressifs tels que des baisers, des sourires, des clins d’œil, les enivrent et les surprennent à se livrer l’un à l’autre encore plus profondément.
Plus ils se livrent et plus ils en veulent… encore, encore, et encore. Les heures passent si vite que lorsqu’ils doivent se séparer c’est une violence en soi.
Puis vient un autre jour, le lendemain : Ils se retrouvent. Ces amis sont amants de cœur.
Les heures défilent à nouveau et le soir arrive pour les emporter dans des rêves qui mêlent la sensualité à l’érotisme verbal, les rendant intoxiqués l’un de l’autre. Leur dépendance à cette union particulière est une osmose incompréhensive pour eux.
Comment peuvent-ils se livrer tant ?
Ils ne se voient pas, ils ne se touchent pas, ils ne se sentent pas… Comment leurs sensations peuvent-elles être si fortes ?
L’imagination !
Leurs manques communs ont unis ces deux êtres par des mots qu’ils vivent intensément de tout leur cœur. Ils se laissent aller enfin à l’extase de leurs envies et les assouvissent pleinement. Leur gène et leur pudeur sont devenus des sensations enivrantes venant du plus profond d’eux ; et rougissant chacun de leur coté du clavier, ils s’informent de cette sensation commune et nouvelle.
Ils voudraient plus… mais ils savent que cela leur est impossible. Profitant du moment présent, ils se donnent l’un à l’autre avec des mots et connaissent un plaisir merveilleux, un bonheur éphémère mais d’une intensité presque indescriptible.
Hélas, la réalité les rattrape progressivement et ce qui fut beau reste physiquement inaccessible, donc impossible !
Les kilomètres et leur vie respective les remettent sur la voie de la raison : Pour ne pas avoir mal quittons nous !
Oui …
Au revoir Elle…
Au revoir Lui…
Beau souvenir ou grande tristesse ? ou les deux…

Commentaires
Judie site : lejournaldejudie.over-blog.com | le 15/06/2008 à 02:10:31Coucou Jean-Louis, j'ai bien eu ton mail concernant le cerveau, et tu vois le téléphone est important chez les femmes! lol!
Ton article ci-dessus est plein de vérité, les contacts via le net laissent aller notre imagination, on découvre des personnes, on discute... de tout, de rien, on apprend à se connaitre, je trouve cela enrichissant. Je te souhaite un bon dimanche, bises, à bientôt, Judie.
Carine site : carine-geerts.skynetblogs.be/ | le 17/06/2008 à 22:39:43
Je me permets de vous livrer un commentaire qui se trouve sur mon blog à ce sujet. Il s'intiule : "Le prolongement de moi".
Chaque fois que j'allume mon PC, j'ai l'impression que j'allume une partie de mon âme.
Il fait partie de moi, il est comme une prolongation de moi-même, il contient des secrets, des mots personnels, des projets, des textes réussis et ratés, des résumés, des articles... et puis aussi des photos personnelles et celles des autres.
Il y a aussi tout un monde de personnes que je vois vivre, souffrir, aimer, chercher, errer, polémiquer ou hésiter... tout ce petit monde blogosphérien que j'aime et qui me sont devenu plus proches que bien des gens réels que je cotoîe dans la vie.
Avec eux, l'écran est étrangement vivant, il s'agite, soupire, pleure ou rit, se plaint ou s'apitoie, se met en colère ou s'extasie...
Il y a aussi des mails et des mails à n'en plus finir que je garde précieusement.
Il y a aussi tant de mots échangés avec des gens que peut-être je ne verrai jamais et... pourtant tous ces mails ont creusé au fil du temps les sillons de relations virtuelles riches, profondes et terriblement humaines.
L'écran du PC que j'allume chaque jour est devenu très présent dans ma vie et quand il refuse de s'allumer, quand il fait l'infidèle ou le rebelle, cela me contrarie fortement en attendant que le problème soit résolu.
Sans mon PC, plus de Blogosphère, plus d'amis virtuels mais aussi plus de Carine....
J'aime votre écriture Jean-Louis....
Delphine L. le 03/03/2009 à 23:57:14
Pour ma part, j'ai un rapport assez ambigu avec l'ordinateur, d'un côté je ne peux m'en passer, de l'autre côté, je sais les dangers qu'il représente, au niveau simplement physilogique, être sur un écran toute la journée comme c'est mon cas à cause de mon travail, est très mauvais pour la santé sans un minimum de précautions. Ensuite c'est par ce biais que j'ai rencontré le seul homme que j'ai véritablement aimé (et épousé) mais la suite a causé tant de souffrances à tant de personnes qu'il eut peut être mieux valu ... Ensuite effectivement on fait des rencontres enrichissantes pour autant que les gens ne cachent pas qui ils sont ...
On a également un accès incomparable à une connaissance dont la taille dépasse l'entendement pour un prix somme toute démocratique (avec le pire et le meilleur) ... mais à faire tant de livres (même virtuels) il n'y a pas de fin ... et cela est fatiguant ... (enfin quand on est très curieux comme moi) ;-)