Bienvenue sur ce blog !

Je suis heureux de pouvoir vous offrir ce blog dans lequel j'aime l'idée que chacun puisse y prendre plaisir à sa manière. 

 MON PREMIER LIVRE


 

 

 Merci à    EDILIVRE

http://www.edilivre.com/doc/5349

 

           

 

Le conte de Joëlle et Nikolaï

 

 

 

 

 

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Le conte de Joëlle et Nikolaï

 

 

 

 

Joëlle

 

 Le Katarina, bien qu'encore sur le quai, est sur le départ... C’est le plus grand et le plus beau bateau de pêche du port. D’ici quelques jours, il va faire son « trip » saisonnier pour quelques semaines de pêche intensive. 
Tout le monde participe aux préparatifs et chacun a sa tâche. Le ravitaillement, nécessaire, important et vital à l'équipage est stocké dans les soutes afin que le voyage se passe pour le mieux. Son nouveau Commandant,
Nikolaï
, choisi récemment par le propriétaire du navire, vient de s’installer dans ses quartiers.

Tout va bon train et chaque détail doit être réglé parfaitement; sous l'oeil vigilant du capitaine.
 
Le long du quai, Joëlle, une jolie femme d’un certain âge suit le déroulement de ce qui pour elle, commence déjà à être le début de "l'attente"... L'idée de voir partir et disparaître au loin son "ami" engendre une saine tristesse; paradoxe accepté sans contestation. 

 

Nikolaï

 

Enfin, prendre la mer. Ces longs mois sur la terre ferme me donnent le sentiment d'étouffer, comme un oiseau en cage.

Il a fallut le temps mais le bateau bien équipé est enfin prêt. Seuls les marins connaissent le bonheur profond que l'on ressent d’être en mer. Le navire est seul au milieu d'une étendue sans frontières. On se sent tout petit. Perdu au sein d'un bleu infini, seul face à Dieu et parfois face aux éléments qui se déchainent.

Les marins collaborent et sont amicaux, alors, que laisser au port ?

Un certain confort ? des amis ? une femme peut-être ? Ou des femmes ? Toutes les femmes du monde ?

Le rêve d'une femme qui nous attendrait…

 

Non, il ne faudrait pas laisser une femme au port. Quand on trouve la femme, la seule, celle qu'on attend, celle qu’on n’ose même pas espérer; pour celle là, soit on reste, soit on l’emmène jusqu’au bout de la mer. Lorsqu'un jour notre âme respire le même air que celle qui nous correspond, il nous est insupportable d’être séparés même l'instant d'une étincelle.

 

 Le Katarina, vient de larguer les amarres…

 

Les quatre derniers jours furent terriblement pénibles pour Joëlle qui inlassablement arpentait le quai à l’affût du moindre geste amical de Nikolaï. Que n’aurait-elle fait pour le connaître, même un peu ? Ce dernier, feignait-il l’occupation intense des préparatifs afin de ne pas dévoiler le moindre sentiment ? Se protégeait-il de toutes marques de faiblesses ?

Quoiqu’il en soit, c’est le cœur gros que Joëlle voit s’éloigner le majestueux Katarina portant à son bord celui pour qui naissent d’étranges sentiments.

 

Ils ne se sont jamais parlé, mais leurs regards se sont maintes fois croisés, ainsi que des sourires complices. Depuis qu’elle a aperçu Nikolaï de sa chambre donnant sur le port, elle passe toutes ses journées là… présente, visible et discrète à la fois. Elle sait qu’il ne peut pas ne pas l’avoir remarquée.

Combien n’aurait-elle pas donnée pour une simple entrevue ? Trop tard, il est déjà si loin. A l’horizon, ce n’est plus qu’un petit point.

Péniblement, elle se retourne et avance lentement vers son domicile, une petite larme perle sur sa joue…

 

La mer est calme. J'aime me perdre dans un nuage de bien-être en regardant luire le ciel couchant sur le pont.

J'ignore pourquoi je suis à chaque fois si heureux lorsque je virevolte à travers les vagues étincelantes sous le soleil qui s’éteint petit à petit.

Rien ne peut remplacer cela. Rien, vraiment? Pas même l'amour?

 

L'amour, j'ignore ce que c'est en vérité. Oh, j'ai bien sur connu certaines femmes. Les marins sont précédés au port par leur aura, et puis vers 20 ans on se dit qu'on a plus de vraies raisons de faire taire ses désirs et, …

 

Mais l'amour, je pressens que cela n'a rien à voir avec l'étreinte que comble un désir, somme toute, animal, reconnaissons-le ...

Cela ne veut pas dire que je n'apprécie pas l'acte, seulement je me doute que l'amour, le grand, le vrai ne peut pas se résumer à si peu.

La mer enrobe, enlace, elle donne sans rien attendre, parfois elle désarme aussi et impose sa volonté.

 

Trois longs jours viennent de s’écouler. L’attente, bien que pénible, commence à se mélanger parmi les rêves enthousiastes de retrouvailles inventées.

Joëlle se plait à penser qu’elle aussi manque à Nikolaï.

Elle l’imagine donnant ses ordres et menant à bien sa mission quotidienne ; et le soir venu, ses rêves se précisent : fille unique de l’armateur du Katarina, elle est convaincue que son capitaine l’a remarquée.

Comment aurait-il pu en être autrement ? Elle était présente sur le quai jour après jour jusqu’au départ.  

Sa maturité ainsi que son expérience des hommes lui donnent des doutes malgré sa beauté presque juvénile. Elle sait qu’il ne suffit pas d’être pour plaire, hélas…

Son passé sentimental a laissé des traces et encombre souvent ses songes.

Elle crée en elle une idylle, mais une la réalité finit souvent par assommer le rêve.

Tant mieux, se dit-elle, je m’épargne des souffrances.

 

Mais dés qu’elle ferme les yeux, l’idylle imaginaire occupe tout son être : 

Son beau Capitaine est parti le cœur gros, la laissant sur le port sans lui avoir avoué sa flamme. Peu importe le temps, elle l’attendra !

 

 

 

 

Mon grand drame?

J'ignore qui est mon père, et ma mère m'a abandonnée le jour de ma première année à l’école primaire. J'avais 6 ans, je n'oublierai jamais le baiser qu'elle me donna ce matin-là… ce fut le dernier ! Après j'ai trainé de famille d'accueil en foyer. J'ai étudié et j'ai grandi inlassablement seul. Puis, j'ai découvert la mer, que dis-je, l'océan. Alors je me suis senti libre comme si l’on retirait de mes épaules le poids de l'abandon.

 

Alors j'ai su, à 17 ans, que naviguer serait la seule activité au monde où je me sentirais léger et libre comme ces dauphins qui nous suivent à chaque passage ; si petits à coté du Katarina et pourtant si rapides et puissants à la fois.

 

Je l’avoue, Je suis tombé amoureux de la mer, elle m'a surprise au détour d'un chemin sans but et s’étendait à perte de vue. Depuis j'ai joué des coudes pour ne jamais m'en éloigner.

 

Contrairement aux hommes et aux femmes, la mer ne déçoit jamais. Elle est toujours là, fidèle, disponible, parfois en colère mais toujours elle vous porte. Même mon gentil chien est mort un jour : Elle, demeure !

Que peut donner une mortelle ? Les femmes sont changeantes, capricieuses, jalouses, impatientes. Les femmes abandonnent. Un matin, elles se réveillent, elles vous embrassent, puis le soir, elles ne sont plus là. Au début vous croyez qu'elles vont revenir, mais plus les jours passent et plus l'espoir s'amenuise jusqu'à s'anéantir contre un tapis de frais cresson bleu.

Ce jour là vous choisissez la mer pour épouse, les femmes ne seront alors que des maîtresses occasionnelles. La seule qui sera toujours là pour m'emmener vers moi-même : la mer. Douce et sensible, délicate et affectueuse ; mais par-dessus tout à jamais présente.

 

 

Joëlle se lève de bonne humeur et contre toute attente, elle se trouve belle en son miroir ?

 

Son beau Capitaine lui est apparu en rêve : Dès l’accostage terminé, il est venu vers elle d’un pas empressé et, sans mot dire, la tira tendrement vers lui, l’embrassa langoureusement… avant son réveil.

Est-ce un simple rêve ? Est-ce un genre de prophétie ?

 

Comme une collégienne qui rejoint son amoureux, elle jouit de ce plaisir éphémère, irréel et pourtant si vrai dans son cœur.

Une pétillante allégresse l’accompagne de tâche en tâche toute la matinée, son humeur sautille, sa voix chantonne, guillerette. Puis l’après midi commence à effacer ses merveilleux souvenirs nocturne. Le contact des autres, tous ceux qui ne sont pas lui, Nikolaï, anéantit son euphorie passagère.

 

-          Pense-t-il à moi ? se demande-t-elle soudain. 

 

Cette question mesquine et terre à terre noircit l’atmosphère. Joëlle croit se noyer dans un océan de songes et de doutes.

Rien n’existe entre eux ; pas un mot… pas un geste, justes quelques regards … explicites ? Elle veut se convaincre que ses yeux ont parlé pour elle avec plus d’éloquence que sa voix. Chaque soir, depuis le départ du Katarina, seule cette idée l’apaise avant de sombrer dans le sommeil.

 

 

 

Bonjour mon aimée tu es bien jolie ce matin en bleu azuré, c'est pour moi que tu te pares de tes plus séduisants atouts?

 

Pour qui d'autre? C'est moi le capitaine. C'est à moi que reviennent tous les honneurs et tous les privilèges. J'aime quand le vent caresse ainsi mon bras sous le soleil de l’aube, quand mes pensées voguent au rythme de l’allure nonchalante de mon navire, lissant les cheveux luisants de ma bien-aimée.  

Pourtant, les caresses des femmes ... cela aussi ... j'en rêve la nuit. Toutes les nuits quand je suis en mer.

 

Les femmes. Y en a-t-il seulement une pour qui j'existe?

 

Peut être ? Il y a bien Joëlle. Elle n'a cessé de me parler avec ses yeux. Que disait-elle? Ah oui. Viens me parler…

Et moi qu'ai-je répondu? Rien.

Comme un chaton qui fuit la baignoire, j'ai peur, je suis craintif. Dés que je sens naître en moi le moindre sentiment, j'érige des murailles. Je l’ai vu elle m’a vu, mais pas une fois je n’ai permis un échange, de ces échanges de regards qui révèlent toute une vie sans un souffle.

 

Maman, qu'ai-je fait de mal pour que tu m'abandonnes?

 

 

Les jours passent et le beau Capitaine habite toujours les pensées les plus intimes de Joëlle, elles s’installent, lancinantes :

 

Elle est avec lui, main dans la main, avançant simplement ensemble.

Elle se laisse emporter par sa poigne douce, décidée, déterminée et s’offre à lui de la pointe des orteils jusqu’à l’extrémité des cheveux, de toute son âme. Nulle relation charnelle ne vient entacher ce moment de sensualité intense. Ils marchent simplement, le pas léger et lent. Parfois, lorsqu’un bruit les surprend, ils se fixent l’un l’autre, interrogateurs et complices; tout est prétexte à se serrer plus fort la main ou bien se regarder vraiment, intensément.

 

-          Lui prendre la main… se plait-elle à penser.

 

Plus les jours passent et plus ce sentiment l’étouffe et l’émerveille à la fois…

 

-          Je suis folle, idiote et innocente, s’entend-elle dire à haute voix.

 

Comment une histoire fantasmée peut elle un jour prendre racine dans la réalité ?

 

Joëlle sait pertinemment bien que l’imagination fertile est souvent cause de grandes peines ; mais il y a au fond d’elle un « je ne sais quoi » qui lui fait croire que cette fois, c’est différent.

A plusieurs reprises, elle a tenté de se persuader de l’impossibilité de son sentiment si… trop présent, pressant et oppressant.

 

-          Non, je dois chasser mes illusions.

 

Est-ce cela le coup de foudre ?

 

Il s’est déjà passé quinze jours depuis la naissance de son idylle imaginaire avec Nikolaï, et comme une graine semée dans de la bonne terre, elle croît progressivement et inlassablement ; jour après jour un peu plus et sans relâche. Plus elle se contraint à oublier ses sentiments, plus ils s’enracinent dans son cœur transi. L’amour est-il parfois chaud et salutaire quand il est à sens unique ?

 

Ses dernières liaisons lui ont laissées de l’Amour  un goût amer: Trompée, délaissée et abandonnée, elle s’était promis de ne plus tomber dans le piège fatal des émotions solitaires… Hélas, on ne se ne renouvelle pas en un clin d’œil ; et les états d’âme comme les élans d’un cœur blessé sont difficilement contrôlables.

Pourtant, cette sensation brûlante qui noue les tripes en pensant à l’être cher donne l’impression d’être vivant, on sent qu’on est en vie quand on aime. Laisser aller son imagination où ce feu l’emporte, jusqu’à la félicité lui donne après une énergie considérable, elle se voit décimer des montagnes !

 

-          Juste lui prendre la main ! Dit-elle encore…seule.

 

 

J'ai vu ma mère cette nuit à l'orée de mon rêve. Elle souriait. Elle me disait : n'aie pas peur mon fils. Toutes les femmes ne sont pas aussi lâches que moi. Sois un homme mon fils, je t'aime.

Je ne sais pas pourquoi, mais une paix intense siège désormais dans mon cœur. Comme si j'avais vraiment entendu  ma mère, comme si une blessure cicatrisait par elle-même ? Maman, où que tu sois, merci.

 

Peut-être maintenant, vais-je enfin pouvoir doucement me laisser aller à aimer les femmes… une femme, la mienne ?

 

A-t-elle seulement croisée ma route? Dans mes songes, le regard fixé dans les nuages, je décèle un « J » ; Joëlle ?

 

Plus j’y pense, il ne fait aucun doute qu’elle m'a remarquée, c'est limpide. Mais après...

Quelle femme est-elle ? Pourquoi est-elle seule ? C'est un beau parti, une fille riche, intelligente, de bonne famille. Elle a vécu, elle n'a plus 20 ans, mais elle a du charme. Quelque chose dans ses yeux pétille et met l'aise. En réalité ses yeux sont deux sourires. Le genre de sourire d'enfants, innocents, spontanés, émerveillés.

 

 

Lentement et progressivement, les jours la rapprochent du retour tant attendu du Katarina … et de son beau Capitaine.

 

Déjà « La » crainte s’installe :

 

-          Seule, je suis seule à m’imaginer cette merveilleuse aventure…Merveilleuse ?

 

Depuis quelques jours déjà, Joëlle prend conscience que son idylle est peut être seulement un mirage.

Pourtant son cœur bat encore et toujours pour son beau marin. Solitaire et sans confidences, elle réalise doucement quel sera le dénouement fatal : Rien !

 

Que d’émotions et de passions l’ont emportée, portée aux nues pour un simple geste : que sa main soit prise par celle de Nicolaï !  

Se sentir entraînée et désirée par une simple pression de doigts qui hasardeusement lui caressent la main.

Elle ne veut pas être lâchée. Une douce moiteur tiède les unit… humidité volontaire et progressive, devenue zone érogène.

Un frisson érotique la traverse de bas en haut à l’image de cette étreinte de ses doigts qui ne veulent pas être séparés de ceux de Nikolaï.

Les apparences sont trompeuses car bien que marin, elle se plait à les imaginer fermes et doux, et malgré leur mélange de sueurs, elle s’accroche et le serre tendrement ; démonstration évidente de ses intentions.

Seule dans sa chambre, elle ne peut empêcher un petit gémissement de s’échapper et venir interrompre le silence ambiant ; elle sourit et s’endort paisiblement.

 

 

S'endort-on dans un sourire ? Oui certainement. Peut-on vivre à coté d'un sourire ? Il vaudrait mieux. La vie serait trop triste sinon. J'ai du rêver d'elle cette nuit, mon corps en garde encore les traces ce matin. Elle, mais qui est-elle?

La fille de l'armateur ou la femme de ma vie, de qui ai-je rêvé ? Et si ces deux n’étaient qu'une seule et unique?

 

M'attend-t-elle ? Rêve-t-elle de moi? Non. Je me fais des illusions. Les femmes jouent. Surtout à son âge, elle voulait se rassurer, constater si elle pouvait encore plaire ou pas.

 

Pourtant ... quelque chose attise ma curiosité pour elle. Je n'ai jamais entendu sa voix ?

Je peux passer des heures à écouter chanter la mer, sa complainte est tellement mélodieuse. Quand je rentre au port après un long séjour, les bruits terrestres, les voix d’hommes, mais surtout celles des femmes me semblent si criardes que j’ai la sensation que mes tympans, mon cœur se brisent.

Il doit exister en ce bas monde une femme pour moi, une femme à la voix charmeuse et parfumée comme l’écume des vagues et la peau embrumée de notes bienheureuses à l’image d’une mer douce et sereine sur laquelle on glisse allégrement, sans se jamais se lasser ?

 

Joëlle ?

 

 

Trois jours de lutte viennent de passer…

 

Le gémissement de Joëlle et ses pensées langoureuses furent les prémices d’une nuit mouvementée, incontrôlable et intense.

A trois reprises, elle se réveilla cette nuit-là ; trempée et complètement conquise…

A trois reprises, elle replongea dans son idylle fantasmée.

 

Au fond d’elle, le désir né en cette nuit fatidique est omniprésent, oppressant …

Nikolaï, son beau marin, son valeureux Capitaine l’a conquise en son absence.  

Elle est envoûtée, séduite, charmée, subjuguée… fascinée et ravie. Tout en elle basculera-t-il en sa présence ?

 

Dualité toujours présente qui commémore le paradoxe existant en elle.

 

-          Pourquoi suis-je aller si loin ? S’en veut-elle… Femme facile !

 

Trois jours de lutte…

 

Chaque réveil est un examen attentif des souvenirs de la nuit qui s’achève, une crainte de la perte de contrôle de ses sens… tellement tout en elle crie le manque.

La journée qui suivit cette nuit délicieusement tourmentée, Joëlle fut aux prises avec sa conscience tentant d’argumenter contre ses désirs. Chaque minute fut rêve et cauchemar ; oscillant entre manque insoutenable et amour débordant.

 

-          Pourquoi n’ai-je pas pu résister ? Comment aurais-je pu… l’aurais-je voulu ?

 

Son rêve est une vérité empreinte de tant d’évidence qu’elle ne peut s’empêcher de se juger.

Ses sentiments et ses émotions sont sincères et véritables ; mais comment peut-elle croire que son fantasme prendra corps dans le réel avec l’issue qu’elle espère si elle imagine un homme au lieu d’apprendre à connaître les moindres recoin de son âme ?

 

Sa maturité l’exhorte à garder les pieds sur terre. Elle a parfaitement conscience que plus elle cède à son imaginaire, plus elle se nourrit d’illusions en rêvant un homme qui n’existe pas et plus dure sera la chute.

 

Aujourd’hui, maintenant, elle a mal… déjà !

 

-          Ce fut si bon… Ne peut-elle éviter de penser.

-          Non, non, et… non ! Pourtant…

 

Trois jours de lutte…

 

-          Partir, il faut que je parte… loin !

 

Solution adéquate à cette situation de crise dont elle ne maîtrise plus rien !

Solution radicale et définitive qui mettra un terme à cette angoissante passion !

Solution simple ?

 

Solution impossible car son cœur n’y résistera pas… elle ne le veut pas !

 

 

Cette fois, c'en est trop. Chaque matin, mon corps me rappelle à l'ordre. Chaque nuit ses yeux me sourient, ses mains s'étiolent sur mes membres ; doucement, dans le tango incessant de l'océan.

Mes nuits ne sont qu’effleurements et désirs inassouvis. Mes nuits ne sont que vides. Elle m'a déjà oublié. Les femmes jouent et sont charitables. Elles sourient aux marins pour leur donner l'envie de revenir au port au cas où l’ouragan se fâcherait un peu trop fort.

 

Joëlle, qui es-tu? Vas-tu briser mon cœur d'un sain baisé comme le fit ma mère à mes six ans?

 

 

11 jours et toujours aucune décision réelle ; toujours ce sentiment croissant…

 

A cela, vient s’ajouter le fait que Joëlle ne sera pas là le jour du retour du  Katarina:

Elle sera loin, dans le sud… maudites vacances !

La joie et le bonheur devraient être au rendez-vous et pourtant seule l’amertume la tenaille.

Bien sur, elle pourrait ne pas partir, mais que penserait sa famille qui a prévu son séjour et se fait une joie de la revoir ?

 

Mais le plus dur est et sera le silence et la solitude profonde dans lesquels la plonge son idylle imaginée.

Elle voudrait hurler sa détresse, clamer son amour, se confier ; mais elle sait quelle serait la réaction de ses proches face autant de déraison, et Nicolaï, que dirait-il si seulement il se doutait … . Comme elle regrette son adolescence temps béni des confidences.

 

Traître est le corps. Tous les matins, il n'a de cesse à me rappeler encore et encore qu’il me faut une femme…me perdre dans les méandres d'un puits étranger.

 

Après tout, elle n'est peut-être pas comme les autres ; rien de commun avec ma mère ? L'armateur est un homme bon et droit. Il est heureux en famille. Sa femme doit être une bonne épouse. En tout cas, elle est fidèle et présente ; beau modèle pour Joëlle.

Prendrais-je seulement le risque d'aimer, sachant qu'il est si intimement lié au risque de souffrir voire de mourir d'amour ?

 

 

-          Quelle serait la meilleure raison d’annuler mon séjour ? Se demande-t-elle.

-          Aucune…

-          Et puis, à mon retour, sera-t